La ville de Paris, mise en cause par des experts dans l’explosion accidentelle de la rue de Trévise, a indiqué ce lundi 30 décembre avoir demandé un audit sur ce sinistre qui avait fait quatre morts et 66 blessés en janvier.

«Afin d’établir les responsabilités dans la gestion des opérations de voirie en cause», la mairie de la capitale a «mandaté un audit localisé dans le 9e arrondissement sur les procédures d’intervention et de contrôle sur l’espace public», a indiqué Ivoa Alavoine, la directrice des affaires juridiques de la ville de Paris.    

Cet audit se fera «en pleine complémentarité avec l’enquête en cours», a précisé la responsable lors d’une déclaration à l’Hôtel de ville. Il sera mené dans le respect de l’instruction pénale et «il n’est évidemment pas là pour se substituer» à l’enquête, a-t-on précisé à la ville, sans être en mesure de préciser dans l’immédiat s’il serait confié à un service interne ou confié à une entreprise extérieure.

La municipalité a également déclaré qu’elle sera «partie prenante de l’expertise civile qui sera ordonnée le 15 janvier 2020 et se trouvera toujours aux côtés des victimes et de leurs familles».

Des «manquements» des services de la ville de Paris ?

Dans un rapport provisoire rendu ce lundi 30 décembre, quatre experts mandaté par les juges d’instruction pour déterminer les causes du sinistre et les éventuelles fautes commises ont mis en cause les «manquements» du service de la voirie de la ville de Paris et d’une entreprise de travaux publics qu’il avait mandatée.

Le collège de quatre experts mandatés par les magistrats du pôle accidents collectifs du tribunal de Paris a établi que l’explosion, qui a fait quatre morts et 66 blessés le 12 janvier 2019 au matin, avait été provoquée par «une accumulation de gaz naturel du réseau GRDF, consécutive à la rupture d’une canalisation de gaz, ayant pour cause principale un affaissement du sol sous le trottoir devant le porche de l’immeuble situé 6 rue de Trévise».

Or, «si la cause de l’affaissement du trottoir avait été recherchée et si sa réfection avait été correctement réalisée, cette explosion aurait pu être évitée», estime ce rapport provisoire, remis aux juges le 18 décembre. En effet, les services de la voirie de la ville de Paris et cette entreprise [dont le nom n’est pas cité par le procureur] ont considéré que l’affaissement du trottoir devant la porte cochère de l’immeuble était un petit affaissement et l’ont traité en tant que tel».

«N’ayant pas cherché à en connaître la cause, ils n’ont procédé qu’à des travaux de surface pour rétablir l’horizontalité du trottoir alors que des travaux en profondeur s’imposaient et que l’entreprise avait connaissance d’une canalisation de gaz sous le trottoir à cet emplacement». Selon les experts, cet affaissement s’explique en fait «par un écoulement d’eau du fait de la défectuosité d’un collecteur d’eaux usées installé au sous-sol de l’immeuble, constatée par le syndic à la fin de l’année 2015».

A cet égard, les experts ont aussi pointé «un manque de réactivité» du syndic, qui a pris du retard dans la réalisation des travaux de réfection du collecteur, «intervenus en septembre 2017» seulement, ce qui a «pu contribuer à la survenance du sinistre». En revanche, «les installations de gaz GRDF desservant l’immeuble n’appellent ‘aucune remarque’ des experts quant au respect des dispositions réglementaires en vigueur au moment des faits», souligne Rémy Heitz, le procureur de la République de Paris, dans un communiqué.

AVEC CNEWS.FR

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