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Qui sont les 10 femmes qui ont marqué l’année 2019 ?

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La page de l’année 2019 se tourne avec en tête ces femmes qui ont, chacune à leur manière, bousculé les mentalités dans des domaines bien distincts ou simplement forcé l’admiration des journalistes de notre rédaction. Les femmes de l’année, ce sont elles.

Tout le monde la connaissait comme une actrice de talent avec deux Césars en poche et une intensité qui crève l’écran, comme elle l’a une nouvelle fois prouvé cette année dans «Portrait de la jeune fille en feu» de Céline Sciamma, où elle irradie. Le 3 novembre 2019, on s’inclinait devant ce courage féroce qui l’a poussé à raconter, dans les colonnes de Médiapart, le harcèlement et les attouchements dont elle a été victime à l’âge de 12 ans, pendant trois ans. Avec son seul témoignage, l’actrice de 30 ans relançait le débat sur les violences à caractère sexuelle en France, pointant du doigt celui qui l’a «détruite», selon ses propres mots, et contre qui elle avait alors renoncé à porter plainte, face à la «violence systématique faite aux femmes dans le système judiciaire».

Pour notre journaliste Amandine, «Adèle Haenel a fait entrer le douloureux combat des femmes victimes de violences sexuelles dans une autre dimension. Elle m’a par-dessus tout impressionnée par son discours très réfléchi sur son expérience personnelle. Une expérience destructrice qu’elle a souhaité mettre au service de toutes les victimes. Le fait qu’elle ait choisi la voie médiatique pour dénoncer son agresseur en dit très long sur les lacunes du système judiciaire. Banalisation et minimisation des faits, moqueries sexistes, culpabilisation des victimes… Le cinéma français ne doit plus fermer les yeux et surtout, le système doit changer en profondeur ». 

Jacinda Ardern 

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©MARTY MELVILLE / AFP

Le 15 mars 2019, la Nouvelle-Zélande plonge dans l’horreur lorsqu’un terroriste ouvre le feu sur deux mosquées de la ville de Christchurch, causant la mort de 51 personnes. Face à ces actes de haine contre des musulmans, le comportement exemplaire de Jacinda Ardern, la Première ministre néo-zélandaise, a forcé le respect de tout un pays. Déjà très populaire en Nouvelle-Zélande, la dirigeante a fait l’unanimité en adressant plusieurs messages de solidarité aux musulmans, promettant notamment de ne jamais prononcer le nom de l’assaillant dans les mosquées. Dans la foulée, elle décide de durcir la législation concernant le port d’armes en Nouvelle-Zélande. 

«Le monde entier a découvert son visage ce jour-là. Comment oublier l’image de cette femme politique arborant un voile noir et en train de réconforter des membres de la communauté musulmane? Quelle femme impressionnante. De par son empathie, sa détermination, elle a su incarner une certaine unité face au terrorisme», estime Nina, notre journaliste, qui se souviendra longtemps du discours prononcé par Jacinda Ardern devant le Parlement neo-zélandais le 19 mars dernier, dans lequel elle clamait: «They are us» («Elles sont nous»), en évoquant les victimes de l’attentat. 

Angèle

Un disque de diamant (plus de 500.000 albums vendus de son premier album «Brol ») et deux Victoires de la musique plus tard et Angèle Van Laeken devenait Angèle, l’une des chanteuses les plus plebiscitées de l’année. Angèle chante, mais pas que. Très engagée, la Belge de 24 ans s’efforce de bousculer les mentalités, jamais sans son arme fatale : l’humour. «Etre féministe, c’est trouver que l’égalité hommes-femmes est une évidence. Dans le monde musical, je sens un sexisme très fort. La femme est toujours ramenée à son physique. Qu’il soit flatteur ou pas, il la définit!», déplore-t-elle dans les colonnes de Télérama. 

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© XAVIER LEOTY / AFP

«Enfin une femme qui l’ouvre ! Et qui le fait avec beaucoup d’ironie et de talent», tranche Lauren, notre journaliste. «Dans ‘Balance ton quoi’, elle ne s’interdit rien, elle pousse les hommes à se remettre en question. En faisant jouer dans ce clip l’ex-actrice porno Nikita Bellucci, qui a été victime de harcèlement sur les réseaux sociaux à cause de sa carrière, elle fait passer un message fort, de manière intelligente et subtile. Je n’avais encore jamais vu une chanteuse dénoncer le sexisme avec autant de finesse. Il n’y a pas de bon ou de mauvais féminisme, il y a juste une façon de s’approprier ce combat et je suis admirative de la façon dont elle le fait. »

Esther Duflo 

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©JOSEPH PREZIOSO / AFP

Cette professeure d’économie au Massachussets Institute of Technology (MIT) sait de quoi elle parle. Esther Duflo est l’une des économistes les plus respectées de sa génération grâce notamment à ses travaux contre la pauvreté, pour lesquels elle a reçu en 2010 la médaille John Bates Clark. En 2013, elle était choisie par la Maison Blanche pour intégrer le Comité pour le développement mondial, en tant que conseillère de Barack Obama. La brillante Franco-Américaine devenait en octobre dernier, la plus jeune et la deuxième femme à remporter le prix Nobel d’économie. 

«Elle contribue à changer les représentations de la discipline», s’enthousiasme Manon, notre journaliste, qui applaudit «son approche vivante de l’économie, loin des modèles mathématiques et théoriques». «Elle s’appuie sur des expériences de terrain, travaille en lien avec des ONG pour élaborer des programmes d’aide sociale et de lutte contre la pauvreté. Je me souviens de son idée de génie à Udaipur, en Inde, où le taux de vaccination des familles dans un village témoin est passé de 6,2% à 38,3% grâce à une intervention où un kilo de lentilles était offert aux familles qui amenaient leurs enfants se faire vacciner». 

Alexandria Ocasio-Cortez 

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©ALEX WROBLEWSKI / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Plus jeune candidate élue au Congrès américain, Alexandria Ocasio-Cortez est l’une des femmes politiques les plus influentes aux Etats-Unis. Profondément démocrate, l’élue de 30 ans qui a grandi dans le Bronx, l’un des quartiers les plus pauvres de New York, fait trembler ses adversaires les plus robustes grâce à un franc-parler devenu sa marque de fabrique. Celle qui a rallié l’équipe de Bernie Sanders dans la course à la Maison Blanche n’a peur de rien ni personne, pas même de Mark Zuckerberg, créateur et patron de Facebook, à qui elle a fait passer un sale quart d’heure au Congrès en l’interrogeant sur la désinformation sur son réseau social. 

Mattis, notre journaliste, la décrit comme «le nouveau visage de la politique américaine et l’antithèse de Donald Trump». «Elle est bien partie pour devenir la figure de proue des démocrates et l’une des figures féminines majeures de la politique mondiale. A chaque fois qu’on tente de la discréditer, elle ne se démonte pas et répond aux critiques. En référence aux boucles d’oreille créoles qu’elle portait lors de son investiture au Congrès, elle avait par exemple déclaré : ‘La prochaine fois que quelqu’un dira aux filles du Bronx d’enlever leurs créoles, elles pourront simplement dire qu’elles s’habillent comme une femme du Congrès». 

Megan Rapinoe 

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© FRANCK FIFE / AFP

Star incontestée de la dernière Coupe du monde féminine, Megan Rapinoe aura définitivement conquis les coeurs des aficionados de football, mais aussi les autres, grâce à son talent mais surtout à sa personnalité haute en couleur. Élue meilleure buteuse de la compétition, la joueuse de 34 ans est également une militante anti-Trump et avait annoncé la couleur en affirmant ne pas souhaiter se rendre à la Maison Blanche en cas de victoire des Etats-Unis. «Votre message exclut les gens. Vous m’excluez moi, vous excluez les gens qui me ressemblent, vous excluez les personnes de couleur, vous excluez les Américains qui peut-être vous soutiennent», avait-elle déclaré à l’adresse de Donald Trump. 

«Elle est incontournable sur le plan sportif et sur le plan sociétal. Non seulement elle a fait remporter la Coupe du monde à son pays mais elle est devenue une icône LGBTQ+ et une opposante farouche du président américain», affirme Bastien. «Son influence dépasse les frontières du football. Elle a mis en lumière le ras-le-bol exprimée par une partie de l’Amérique lassée des prises de position hasardeuses d’un président plus que jamais sur la sellette». 

Christina koch et jessica meir 

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HO / NASA / AFP

Les Américaines Christina Koch et Jessica Meir ont touché les étoiles en octobre dernier, en effectuant la première sortie 100% féminine dans l’espace. Sept heures et dix-sept minutes pendant lesquelles les deux astronautes de la NASA sont sorties de la Station spatiale internationale (ISS) pour effectuer une réparation sur un équipement électrique. Un évènement unique en 60 ans d’histoire spatiale. Si Jessica Meir est ainsi devenue la quinzième femme à sortir dans l’espace, Christina Koch, quant à elle, en était déjà à son quatrième «voyage». 

Le 30 décembre 2019, soit 289 jours après avoir quitté la Terre, Christina Koch devenait la femme à avoir passé le plus de temps dans l’espace. 

«Un petit pas pour l’astronaute, un grand pas pour les femmes de la NASA», se réjouit Chloé, qui rappelle que « la profession est encore majoritairement dominée par les hommes». «Cette sortie 100% féminine envoie un message fort (même si elle avait été annulée quelques mois plus tôt faute de combinaisons à la bonne taille…). Christina Koch et Jessica Meir ont été applaudies aussi bien par la communauté scientifique que par le président américain Donald Trump qui avait salué ‘deux femmes très courageuses’». 

Jameela Jamil 

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© RICH FURY / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Les téléspectateurs ont découvert ses talents d’actrice dans la série américaine «The Good Place», dans laquelle elle interpète l’un des rôles principaux depuis trois ans. Jameela Jamil a pourtant brillé en 2019 avec son mouvement féministe «I Weigh», traduisez «Je Pèse», qui lutte contre les idéaux imposés par la société sur le corps des femmes et ouvre un dialogue plus profond sur l’image de soi. Une porte-parole «body-positive» suivie par plus de 2.6 millions d’abonnés sur Instagram. 

«Impossible de rester de marbre devant le message défendu par Jameela Jamil, qui déconstruit intelligemment les diktats de la société avec un recul admirable», explique Tatiana. Elle ne se bat pas seulement pour que les femmes ne soient plus constamment ramenées à leur apparence physique, elle se bat pour que l’apparence physique ne soit même plus un sujet. Il y a encore beaucoup de chemin à faire mais je suis impressionnée par ses prises de position, notamment contre les personnalités qui font la promotion de produits amincissants, qu’elle n’hésite d’ailleurs pas à interpeller publiquement. En les mettant face aux dangers de leurs publications, elles protègent par la même occasion les personnes les plus vulnérables à qui l’on propose constamment des standards de beauté inatteignables». 

Greta Thunberg 

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©LIONEL BONAVENTURE / AFP

Après une canicule qui avait provoqué des feux de forêt impressionnants en Suède, une adolescente décide de sécher les cours pour protester devant le Parlement suédois, afin d’éveiller les consciences sur le changement climatique. Près d’un an et demi plus tard, tout le monde connaît le nom de Greta Thunberg. A seulement 16 ans, la Suédoise atteinte du syndrome d’Asperger est devenue le visage de la lutte pour le climat et tient tête aux plus grands dirigeants de la planète. Un charisme et une poigne qui ont convaincu des millions de personnes à travers le monde, notamment les jeunes. 

Élue personnalité de l’année par le «Times», elle devenait par la même occasion la plus jeune lauréate de l’histoire du magazine américain. 

«Comment oublier son discours à l’ONU ?», déclare Coralie. « Elle représente pour moi cette génération qui semble beaucoup plus concernée par l’urgence écologique que les précédentes. Greta Thunberg montre que l’engagement n’a pas d’âge. Elle fait preuve d’une persévérance et d’une constance qui forcent le respect et qui attirent l’attention des plus grands dirigeants. Malgré les critiques incessantes notamment sur son physique, elle s’efforce toujours de recentrer le propos sur la cause qu’elle défend. Rien ne peut la détourner de son combat». 

#noustoutes

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© ZAKARIA ABDELKAFI / AFP

Depuis le 1er janvier 2019, 148 femmes ont été assassinées par leur conjoint ou ex-conjoint en France. Un chiffre communiqué par le collectif #NousToutes, créé en juillet 2018, qui lutte contre les violences faites aux femmes et qui revendique pas moins de 80 bénévoles. Un combat devenu nécessaire, capital. Preuve de son impact, le mouvement, qui compte quelques initiatrices-clé, n’a aucune tête d’affiche, la lumière étant entièrement dédiée aux victimes de féminicides. Caroline de Haas, l’une des militantes au coeur du mouvement, a expliqué : «Le point de départ de #NousToutes était de faire ressortir la colère de centaines de milliers de femmes, qui, quelles que soient leurs différences ou les inégalités qui les touchent, partagent toutes un point commun, celui d’avoir été victime de violences». 

Le 23 novembre 2019, ils étaient 49.000 manifestants, des femmes en majorité, à défiler dans les rues de Paris contre les violences faites aux femmes. 

«Ces femmes ont été le déclencheur d’une prise de consicence nationale et elles tentent de faire comprendre que les féminicides doivent enfin avoir une place importante dans les décisions politiques», estime Blandine, notre journaliste. «L’ouverture du Grenelle contre les violences conjugales est un premier pas, mais il n’est pas assez conséquent puisque le nombre de femmes tuées ne cesse d’augmenter». 

AVEC CNEWS.FR

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