Plusieurs milliers de partisans de l’opposition ont à nouveau manifesté samedi à Lomé et dans d’autres villes du Togo pour demander l’arrêt du processus électoral avant les législatives du 20 décembre, dénonçant des irrégularités, a constaté un correspondant de l’AFP.

C’est la troisième marche organisée en l’espace de 15 jours par la principale coalition de l’opposition dans ce pays d’Afrique de l’Ouest secoué par une grave crise politique depuis plus d’un an.

Ce regroupement de 14 partis politiques, à l’initiative de la contestation populaire réclamant le départ du président Faure Gnassingbé, avait suspendu ses manifestations pendant plusieurs mois, suite au dialogue entamé avec le pouvoir sous l‘égide de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao).

Le gouvernement avait annoncé fin septembre dans la foulée de ce dialogue sa décision d’organiser des élections législatives ainsi qu’un référendum portant sur des réformes constitutionnelles, mais l’opposition dénonce un processus unilatéral et a décidé de boycotter le scrutin.

Elle exige notamment la recomposition du bureau de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) et la reprise de toutes les activités déjà menées par cette institution.

“Les manifestations se poursuivent. On ne peut pas organiser des élections dans le contexte actuel où une grande majorité de la population conteste l’organisation unilatérale de ce scrutin”, a déclaré à l’AFP Jean Pierre Fabre, chef de file de l’opposition.

“Nous ne voulons pas d‘élections, parce que les élections ne sont jamais claires au Togo. Nous sommes fatigués de ce régime et nous voulons le changement”, a pour sa part confié Shakira Yacoubou, une militante du Parti national panafricain, l’un des principaux partis de la coalition d’opposition.

“Nous n’avons qu’une seule arme: ce sont les marches. Cette fois-ci, nous ne lâcherons pas, nous irons jusqu’au bout. Il n’y aura pas d‘élections”, a lancé un autre manifestant, Anani Moglodji.

Des marches se sont également déroulées dans d’autres villes à l’intérieur du pays, selon des habitants contactés par l’AFP.

En septembre 2017, une marée humaine s‘était emparée des rues de Lomé et de plusieurs grandes villes du Nord à l’appel de la coalition pour demander la démission du président Faure Gnassingbé.

Ce dernier est au pouvoir depuis 2005, après la mort de son père, qui avait dirigé d’une main de fer le pays pendant 38 ans.

Avec AFP

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